Le seizième de finale de Coupe de Belgique entre le RAEC Mons et le Sporting de Charleroi, programmé le samedi 17 octobre à 17h30 au stade Tondreau, est devenu en quelques jours une affaire de sécurité publique. Tout est parti d’un constat : la police de Mons n’avait pas validé l’organisation du match, les installations montoises ne répondant pas aux normes légales minimales pour une affiche de cette ampleur. Le porte-parole du club a dénoncé publiquement des exigences « démesurées », dont 12 000 euros de caméras ; le bourgmestre et la zone de police lui ont répondu point par point. État des lieux, sources à l’appui.

Ce qui coince au Tondreau
Désigné le 28 septembre pour accueillir Charleroi en 16es de finale, Mons se réjouissait de retrouver son voisin de D1A en match officiel, après plusieurs amicaux de présaison. Mais le 4 octobre, La DH révélait que la rencontre n’avait toujours pas été validée par la police montoise et que la billetterie n’était pas ouverte. Selon la zone de police, « dans l’état actuel des choses, la sécurité ne peut pas totalement être assurée » au regard de la loi sur les normes de sécurité dans les stades.
Le contexte explique la prudence. Le Tondreau n’ouvre aujourd’hui que deux de ses quatre tribunes, les deux autres étant condamnées en raison de leur vétusté, et le projet de rénovation porté par la Ville est encore loin d’aboutir. Des réunions entre club et police ont identifié plusieurs manquements ; l’un d’eux concerne la vidéosurveillance, avec un investissement d’environ 12 000 euros à réaliser en une semaine. D’autres ajustements seraient nécessaires, sans que leur liste ait été rendue publique.
La sortie du porte-parole montois
C’est la réaction de Gillian Hermand, directeur de la communication du RAEC Mons et conseiller communal Mons en Mieux, qui a fait basculer le dossier dans la polémique. Dans une publication Facebook rédigée « en son nom personnel », il dénonce « de nouvelles exigences, notamment des investissements importants en matière de caméras, avec plus de 12 000 euros évoqués. Pour un seul match », et déplore qu’« au lieu de pouvoir préparer sereinement cette fête », le club doive « consacrer du temps, de l’énergie et de l’argent à répondre à une succession de demandes ». Il affirme aussi que le nouveau directeur des opérations de la police aurait envisagé de faire jouer le match ailleurs qu’au Tondreau. Sa publication élargit la critique aux interdictions de stade prononcées après des incidents en marge de matchs montois, un volet qui dépasse le cadre de cet article.
La réponse de la police et du bourgmestre
La zone de police de Mons-Quévy a répondu dès le 5 octobre, par la voix de la presse régionale. Sur la délocalisation, elle est catégorique : « Il n’a jamais été question de déplacer cette rencontre dans un autre lieu que le stade Tondreau. » En revanche, il a bien été question de vérifier le respect des normes minimales légales, qui « ne sont actuellement pas rencontrées dans les infrastructures existantes » pour un match susceptible d’attirer plusieurs milliers de supporters. Une réunion d’urgence avec les partenaires a été organisée, d’autres ont été proposées. La zone s’étonne enfin des intentions prêtées à son directeur des opérations, qui « n’a participé à aucune des réunions préparatoires de sécurité football ».
Le bourgmestre Nicolas Martin, responsable de l’ordre public, a abondé dans le même sens. La police lui a remis, comme à chaque événement, une analyse de sécurité et de prévention pointant une série de points faibles ; il cite les tensions entre ultras montois et supporters néerlandais lors d’un match précédent comme élément à intégrer. « C’est un très beau moment de football, une très belle affiche, et je suis ravi que cela puisse se faire à Mons », dit-il, tout en demandant de « faire les choses avec sérieux et professionnalisme, hors pression ». Il juge « choquant et interpellant » qu’un mandataire local utilise des informations « partielles et périmées » pour contester publiquement des exigences de sécurité, et parle d’une « attaque frontale » contre le travail des policiers.
Où en est le dossier
D’après L’Avenir, la situation a évolué depuis le premier avis. Natacha Vandenberghe, échevine et présidente de la régie communale autonome qui gère le stade, a réuni les partenaires dès le lendemain. Des solutions ont été trouvées : la Ville prendra en charge une série d’interventions techniques, le club assumant les caméras. « Ce n’est pas aux citoyens montois de payer à 100 % alors qu’il y a une opportunité financière pour le club », justifie Nicolas Martin.
Sauf que le RAEC Mons, locataire du stade, a fait savoir le lundi 5 octobre au soir qu’« aucun accord n’a été conclu pour l’acquisition de caméras » et qu’il n’a « pas, à ce jour, marqué son accord » sur cet achat. À onze jours du coup d’envoi, le match reste donc programmé au Tondreau, mais la mise en conformité et la billetterie dépendent encore d’un accord financier entre le club et la Ville.
Et pour Charleroi ?
Côté carolo, rien ne change sur le papier : déplacement à Mons le 17 octobre, six jours après le choc wallon à Sclessin et une semaine avant Antwerp. Mais la question du lieu et de la jauge concerne directement les supporters zébrés, qui attendent l’ouverture de la billetterie pour le parcage visiteurs. Nous mettrons cet article à jour dès qu’un accord sera officialisé ou que la billetterie sera lancée. Pour le programme complet des Zèbres, voir notre calendrier 2026-27 du Sporting.
Questions fréquentes
Mons – Charleroi se jouera-t-il bien au Tondreau ?
C’est la position de la police et de la Ville de Mons : « Il n’a jamais été question de déplacer cette rencontre. » Avant le match, il était maintenu au Tondreau le samedi 17 octobre à 17h30, à condition que les normes minimales de sécurité soient respectées (caméras supplémentaires). Il s’est bien joué à Mons ce jour-là : Charleroi s’est imposé 0-1 après prolongation.
Pourquoi la police exige-t-elle des caméras ?
Parce que la loi football impose des normes minimales de sécurité pour un match pouvant accueillir plusieurs milliers de spectateurs, et que les installations actuelles du Tondreau ne les remplissent pas, selon l’analyse de risque de la zone de police. Le coût évoqué est d’environ 12 000 euros, à charge du club selon l’accord proposé par la Ville, que le club n’a pas encore validé.
La billetterie est-elle ouverte ?
Pas au moment de la publication de cet article. Le club n’a pas lancé la vente tant que l’organisation n’est pas validée. Les supporters de Charleroi doivent attendre l’annonce du club montois pour le parcage visiteurs.
Sources
- La DH — Le match de Croky Cup Mons-Charleroi joué ailleurs qu’au Tondreau ? (4 octobre 2026)
- Walfoot — Le choc hennuyer de la Coupe de Belgique déplacé ? La colère gronde (4 octobre 2026)
- La DH — Entre le RAEC Mons et la police montoise, le ton monte (5 octobre 2026)
- L’Avenir — Police et bourgmestre répondent au RAEC Mons (6 octobre 2026)
- Zone de police Mons-Quévy — site officiel · page Facebook officielle · fiche sur mons.be
- SPF Intérieur — Législation sur la sécurité du football (loi du 21 décembre 1998)
- SPF Intérieur — Interdictions de stade lors des matchs de football
- Walfoot — Les affiches des 1/16es de la Croky Cup (28 septembre 2026)