Le mercato des Zèbres est lancé, et il commençait presque par une formalité. Le Sporting de Charleroi a officialisé la levée de l’option d’achat de Kevin Van Den Kerkhof, arrivé en prêt de Metz en août 2025. Le latéral droit reste donc définitivement au Pays de Charleroi : c’est le premier transfert officiel de l’été pour le matricule 22. Un dossier logique tant le joueur s’est imposé comme un cadre dès sa première saison au Mambourg.

Qui est Kevin Van Den Kerkhof ?
Né le 14 mars 1996 à Maubeuge, juste de l’autre côté de la frontière, Kevin Daniel Van Den Kerkhof Guitoun a aujourd’hui trente ans. D’un père algérien et d’une mère française, il est international algérien depuis mars 2023 — là-bas, on le connaît d’ailleurs sous le nom de Kevin Guitoun. Premier galon avec les Fennecs face au Niger, puis une sélection pour la Coupe d’Afrique des Nations : le défenseur a glané une vraie expérience internationale, un atout précieux pour un club comme Charleroi.
Du haut de son mètre nonante, l’arrière droit n’a pas suivi une trajectoire toute tracée. Formé à Valenciennes, passé par Aulnoye, la réserve de Lorient puis Feignies-Aulnoye après une grosse blessure, il a relancé sa carrière en Belgique et au Luxembourg avant d’exploser plus tard que la moyenne. À Dudelange, il claque dix-sept buts et délivre treize passes décisives en deux saisons — des chiffres rares pour un latéral. À Bastia, il se révèle au niveau professionnel et décroche même une place dans l’équipe type de Ligue 2 en 2022-2023. De quoi convaincre Metz de l’enrôler, puis Charleroi de le faire venir.
Un retour aux sources carolo
Le clin d’œil ne vous aura peut-être pas échappé : avant de signer chez les Zèbres, Van Den Kerkhof avait déjà porté les couleurs de l’Olympic de Charleroi, l’autre club de la ville, lors de la saison 2019-2020. Le défenseur connaît donc la région, son public et ses exigences. Cette familiarité a sans doute pesé dans son adaptation express cette saison. Petite anecdote pour les amateurs : il est un ami proche de Benjamin Pavard, né quelques semaines avant lui dans la même petite ville de Maubeuge.
D’un prêt à un pari gagnant
Le 20 août 2025, le Sporting boucle son arrivée sous la forme d’un prêt avec option d’achat. Le pari était mesuré ; il s’est vite transformé en évidence. Titulaire quasi indiscutable sur le flanc droit, le numéro 3 a apporté ce que la direction attendait : de la solidité, de la projection vers l’avant et un état d’esprit conquérant. Il s’est même offert quelques buts importants, notamment lors du fou match contre le Cercle de Bruges et sur la pelouse de Westerlo. Pour Mehdi Bayat et le staff, lever l’option relevait du bon sens : pourquoi se priver d’un cadre déjà rodé au projet ?
Le profil : un latéral droit complet
Ce que Charleroi sécurise avec ce transfert, c’est un profil rare en Pro League : un latéral droit grand, puissant, à l’aise dans les duels et capable de peser offensivement. Sa taille en fait une menace sur les coups de pied arrêtés, tandis que son volume de courses lui permet d’enchaîner les montées sans déséquilibrer le bloc. Son passé luxembourgeois, où il jouait souvent plus haut, explique son apport dans le dernier tiers du terrain. Bref, un défenseur moderne, qui colle au football vertical que les Zèbres veulent développer.
Quelles attentes pour la saison 2026-2027 ?
En conservant Kevin Van Den Kerkhof, Charleroi évite une incertitude à un poste clé et garde un élément d’expérience dans un effectif qui, comme souvent au Mambourg, connaîtra des départs. Les attentes sont claires : confirmer son statut de titulaire, continuer à se projeter, et jouer un rôle de relais dans le vestiaire au moment où le club doit encore trancher le dossier de l’entraîneur avant la reprise du 22 juin.
À trente ans, le défenseur entre dans la meilleure période d’un latéral : assez d’expérience pour diriger, assez de jambes pour tenir le rythme. Si sa première saison sert de référence, les Carolos tiennent là une valeur sûre pour viser à nouveau le haut du classement et, pourquoi pas, l’Europe. Le premier coup du mercato estival est donc défensif, prudent et parfaitement carolo : on garde ce qui marche avant d’aller chercher ailleurs.